05/06/2009

Demain, quand j'avais vingt ans !

En cette période de ma vie – la quarantaine déjà faite -, je suis encore à la recherche des maux qui  tentent de me pourrir l’existence …

 

Cette recherche est pénible car constamment inaboutie!

 

Je crois que je dois me rendre à l’évidence. Je ne suis pas à la bonne époque ! Sans doute mes maux sont-ils enfouis trop profondément, à l’intérieur d’une plaie trop bien cicatrisée … mais purulente en dedans.

 

Ma décision est prise, demain j’avais vingt ans …

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Mon réveil est agréable. Bien reposé, pas de douleur dans la nuque, la tête bien faite mais pas trop pleine, le souffle long et du temps devant moi ! La légèreté de n’être responsable que de soi-même ! L’apesanteur des décisions à  prendre !

 

Déjà midi. Je me promène dans les rues d’une cité estudiantine qui me rappelle ma nostalgie d’hier. Quel plaisir ! Les regards croisés des jeunes filles souriantes, que j’ose affronter sans me sentir un démon. Un bain gigantesque de désinvolture …

 

C’est en regardant le ciel d’un bleu uni, poussé dans le dos par une brise fraîche, que je la ressens plus présente que jamais. Celle qui petit à petit m’avait abandonné, celle au nom de laquelle je n’avais commis aucun crime, si ce n’est celui de la désirer chaque jour un peu plus ardemment. La liberté !

 

Et voilà que je m’envole, sans m’essouffler, dans ma préhistoire de remords et de regrets. Je me sens lyrique au milieu des nuages …

 

Le soir est déjà là. Quelle journée extraordinaire ! Je ne vois pas – je ne conçois pas – comment je pourrais trouver mes maux dans cet océan de bien-être (bien-être sûrement, bonheur, je n’en suis pas vraiment persuadé !)

 

Probablement que le conseil, porté par la nuit étoilée, viendrait à point dans ma recherche. Couché dos au sol, dans mon grand jardin arboré, je contemple le ciel. Le sommeil ne vient pas. J’avais oublié à quoi ressemblait un ciel d’étoiles, moi qui hier encore vivais en pleine ville, noyé dans une pollution lumineuse quoi que nocturne.

 

Finalement, le sommeil n’est pas venu. Je décide de me lever. Etrangement, je ressens un iota en moins d’énergie, une once perdue d’enthousiasme, un petit poids en plus au bout de mes pieds. Je m’envole moins haut aujourd’hui. Le vent n’est pas moins fort, pourtant.

 

Et les jours ont passé. J’ai cessé de voler. Je suis redevenu terrestre.

 

Je n’ai toujours pas trouvé mes maux. Par contre j’ai une nouvelle compagne, Miss Solitude. Et je ne sais que faire d’elle.

 

Je soupçonne/je pense/je suis sûr que Miss Solitude est un de mes maux !

 

D’ailleurs, après quatre jours de vie commune, Miss Solitude et moi avons décidé de nous séparer. En bons termes. Elle gardera la petite, liberté, et moi je serai quitte d’une pension alimentaire ruineuse. Nous ne sommes vraiment pas faits pour vivre ensemble. J’ai aussi promis de quitter les lieux dès demain. Sans regrets d’ailleurs. Ce n’est pas ici que je trouverai mes maux. Ils sont plus loin, ils sont plus tard.

 

Demain, j’irai plutôt me perdre du côté de mes soixante ans.

 

(A suivre)

09:14 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |