24/04/2009

A mon fils ...

Dans le désert …

 

Un homme et un jeune garçon sont assis sur un rocher … Il fait nuit.

 

Ils regardent le ciel tranquillement pendant de longues minutes.

L’homme rompt soudain le silence :

-         « Vois-tu, mon garçon, la vie est comme ce ciel que nous contemplons »

 

Le garçon se retourne vers l’homme silencieusement, puis observe le ciel de nouveau.

 

L’homme poursuit :

-         « Comme lui, la vie est sombre, noire et monotone … Comme lui elle semble nous échapper … Comme lui, elle semble immuable … »

Le garçon :

-         « Ta vision de notre existence me semble bien pessimiste … »

L’homme :

-         « Pessimiste ? Je ne pense pas … Reconsidérons les choses. Dis-moi … Par quoi ton regard es-il le plus attiré ? »

L’homme reprend après un court silence :

-         « Par quoi ton regard est-il le plus attiré ? Par les étoiles ou par les ténèbres qui les entourent ? »

Le garçon :

-         « Par les étoiles bien sûr … »

ciel

L’homme :

-         « Bien sûr … Sais-tu que chacune d’elle est un fragment de bonheur ? Elle est un air de musique que tu fredonnes le matin, la chaleur d’un rayon de soleil sur ta peau, le sourire d’un ami, le regard d’une fille que tu aimes tendrement, la main de ton enfant que tu serres tant tu as envie de le protéger … »

L’homme poursuit :

-         « Elles sont toutes aussi précieuses l’une que l’autre et ensemble elles tapissent le ciel de ta vie »

Le garçon regarde l’étoile du Berger. Il est interloqué :

-         « Pourtant certaines brillent bien plus que d’autres ? »

L’homme :

-         « C’est exact ! Certaines prennent plus de place. Ces étoiles rencontreront ton regard chaque fois que tu contempleras le ciel, elles seront toujours là jusqu’à la fin des temps »

Le garçon :

-         « Qu’ont-elles de si particulier ? »

L’homme :

-         « Ces étoiles sont les gens que tu affectionnes particulièrement. Elles sont là pour te faire aimer le ciel »

 

Le garçon s’est retourné vers l’homme. Il voit son propre reflet dans les yeux de son compagnon. Lentement son image s’est muée en une étoile, dans le noir profond des yeux de l’homme.

11:21 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

17/04/2009

Mélancolie

La mélancolie, c'est se résigner à voir tourner une page de la vie ... irréversiblement.

Regrets ...

C'est se dire qu'il n'y aura jamais nul moyen de pouvoir l'ouvrir à nouveau. Elle ne sera plus qu'un souvenir, de plus en plus vague, de plus en plus idéal sans doute. Mais le ressenti ne se mémorise pas. On peut savoir qu'on a été heureux mais le souvenir du bonheur n'est pas le bonheur. Seule domine la tristesse profonde de savoir que la page est définitivement tournée ...

Regrets ...

Olivier

11:45 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/04/2009

Kheran me parle

Ce qu'Olivier ignore complètement, c'est que moi, Kheran, j'appartiens au futur.

Chaque fois qu'il tente de se rapprocher de moi, je m'éloigne exactement de la distance qu'il a parcourue pour tenter de me rejoindre. Nous sommes comme les 2 mêmes poles de deux aimants qui tentent de se toucher. Une force invisible nous sépare.

Je comprends sa frustration ... Moi-même je ne pense pas que je le supporterais.

 Bossard

Mais je ne veux pas qu'il m'atteigne.

Je suis ce qu'on appelle un IDEAL.

Kheran

PS : Le dessin ici est de Lionel Larchevêque alias Llar comme dans tranche de ...Rigolant
C'est la première fois qu'un dessinateur illustrait une planche que j'avais écrite. C'était un exercice à l'atelierBD (école de formation à la BD à distance).
Découvrez cet excellent illustrateur sur http://lionellarcheveque.blogspot.com/


 

11:08 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/04/2009

Sublimation d'un idéal féminin

Un jour une conteuse m'a fait goûter une graine d'imagination ...

En voici le résultat :

"Ma détresse fut interrompue par une voix cristalline qui s’adressait à moi, toute en pureté.

Je reconnus ma musicienne. Les mots qu’elles m’adressaient s’étaient enrobés dans un chant continu et merveilleux. Chaque syllabe était une note qui se détachait de sa portée et venait se poser délicieusement sur mes tympans.

Son chant m’invitait à la suivre, inconditionnellement. Peut-être allait-elle m’aider à retrouver Monsieur Wolf. Peut-être pas, d’ailleurs … cela me sembla subitement tellement anodin !
Nous marchions, légers, dans un ciel qui s’était fait consistant. L’impression que je ressentais était sublime. Nos pieds foulaient une matière à la fois de coton, de sable et de neige.

Ainsi, nous nous élevâmes lentement.

(...) 

Clarimonde1

Après un moment que j’aurais voulu immortel, ma guide s’arrêta. Elle me tint par les mains et posa ses lèvres sur les miennes. Je la serrai fortement dans les bras. Chacun de ses cheveux frôlait une infime partie de mon visage. Ensemble, ils étaient une caresse sublime. Je fermai les yeux dans le fol espoir de figer cette seconde de sensualité.

 

Quand, après une éternité, je les ouvris de nouveau, nous nous trouvions au milieu d’une grande clairière. La jeune femme cueillait des fleurs des champs: pivoines, marguerites et pissenlits. Elle me tendit les fleurs et ensemble, dans une félicité commune, nous soufflâmes sur le bouquet. Les graines du pissenlit formèrent un brouillard si dense que lentement la fille s’effaça de mon regard.
Quand le brouillard fut dissipé, le jeune garçon aux cheveux flamboyants apparut sous mes yeux.

 Clarimonde 2

Je m’adressai à l’enfant :

-          « Ou est-elle ? »

Il me répondit :

-          « Qui ça ? »

J’étais à la fois abasourdi et très irrité. Comment pouvait-il faire abstraction de la jeune musicienne qui m’avait accompagné jusqu’ici ? Le doute m’envahissait.

- « Tu es à Oniris ici, et la jeune fille à qui tu fais allusion est comme tout le reste » me dit le garçon, d’un air narquois.

- « Tu veux dire qu’elle n’existe pas ? » , répondis-je.

L’enfant se mit à rire. Il riait tellement qu’il était devenu une ronde d’enfants qui se moquaient de moi à l’unisson. Des dizaines de visages semblables qui m’envoyaient leurs éclats de rire contondants. La douleur était insupportable.

Je hurlai :

- « Assez ! »

L’enfant était de nouveau seul. Il reprit :

- « Tout ce qui est Oniris existe et est partie intégrante de toi-même. Rappelles-toi : le seul point commun d’Oniris est celui qui perçoit le monde ».

- « La musicienne que tu as vue n’est que la sublimation de ton idéal féminin » poursuivit-il "

Extrait de "La route du Conte" - Olivier Geets - 2008

Les illustrations ont été faites par Mikhael Allouche dans le cadre d'une collaboration (adaptation de La Morte Amoureuse de Théophile Gautier)

 

12:12 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |