04/04/2009

Sublimation d'un idéal féminin

Un jour une conteuse m'a fait goûter une graine d'imagination ...

En voici le résultat :

"Ma détresse fut interrompue par une voix cristalline qui s’adressait à moi, toute en pureté.

Je reconnus ma musicienne. Les mots qu’elles m’adressaient s’étaient enrobés dans un chant continu et merveilleux. Chaque syllabe était une note qui se détachait de sa portée et venait se poser délicieusement sur mes tympans.

Son chant m’invitait à la suivre, inconditionnellement. Peut-être allait-elle m’aider à retrouver Monsieur Wolf. Peut-être pas, d’ailleurs … cela me sembla subitement tellement anodin !
Nous marchions, légers, dans un ciel qui s’était fait consistant. L’impression que je ressentais était sublime. Nos pieds foulaient une matière à la fois de coton, de sable et de neige.

Ainsi, nous nous élevâmes lentement.

(...) 

Clarimonde1

Après un moment que j’aurais voulu immortel, ma guide s’arrêta. Elle me tint par les mains et posa ses lèvres sur les miennes. Je la serrai fortement dans les bras. Chacun de ses cheveux frôlait une infime partie de mon visage. Ensemble, ils étaient une caresse sublime. Je fermai les yeux dans le fol espoir de figer cette seconde de sensualité.

 

Quand, après une éternité, je les ouvris de nouveau, nous nous trouvions au milieu d’une grande clairière. La jeune femme cueillait des fleurs des champs: pivoines, marguerites et pissenlits. Elle me tendit les fleurs et ensemble, dans une félicité commune, nous soufflâmes sur le bouquet. Les graines du pissenlit formèrent un brouillard si dense que lentement la fille s’effaça de mon regard.
Quand le brouillard fut dissipé, le jeune garçon aux cheveux flamboyants apparut sous mes yeux.

 Clarimonde 2

Je m’adressai à l’enfant :

-          « Ou est-elle ? »

Il me répondit :

-          « Qui ça ? »

J’étais à la fois abasourdi et très irrité. Comment pouvait-il faire abstraction de la jeune musicienne qui m’avait accompagné jusqu’ici ? Le doute m’envahissait.

- « Tu es à Oniris ici, et la jeune fille à qui tu fais allusion est comme tout le reste » me dit le garçon, d’un air narquois.

- « Tu veux dire qu’elle n’existe pas ? » , répondis-je.

L’enfant se mit à rire. Il riait tellement qu’il était devenu une ronde d’enfants qui se moquaient de moi à l’unisson. Des dizaines de visages semblables qui m’envoyaient leurs éclats de rire contondants. La douleur était insupportable.

Je hurlai :

- « Assez ! »

L’enfant était de nouveau seul. Il reprit :

- « Tout ce qui est Oniris existe et est partie intégrante de toi-même. Rappelles-toi : le seul point commun d’Oniris est celui qui perçoit le monde ».

- « La musicienne que tu as vue n’est que la sublimation de ton idéal féminin » poursuivit-il "

Extrait de "La route du Conte" - Olivier Geets - 2008

Les illustrations ont été faites par Mikhael Allouche dans le cadre d'une collaboration (adaptation de La Morte Amoureuse de Théophile Gautier)

 

12:12 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

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Écrit par : Aldo | 08/07/2013

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