29/05/2013

Cassandre

 

(Encore) Un vieux projet qui renaît.
Condensé de douleurs infernales que je crache sur la toile aujourd’hui.
Culpabilité morbide. Terreurs d’abandon. Confusion. Fantasmes. Néant.
Souffrance qui exacerbe mes sens et qui nourrit ma créativité … Créativité, cette sangsue qui se repait de tout ce qui me fait mal.

Le mythe de cassandre revisité … un homme qui se déguise en clown et une jeune femme sur laquelle il fantasme la rédemption du mal qu’il a fait à sa propre fille.

Extraits ...

 

Scène 2. Intérieur Nuit – Taxi


Le soir. Mathieu hèle un taxi.

Mathieu :

-       L’hôpital !

-       Dépêchez-vous, je suis pressé !

A l’arrière du taxi, Mathieu commence à se déshabiller. Le chauffeur l’observe dans le rétroviseur et remarque son air inquiet.

Mathieu ouvre un grand sac de sport et en sort des vêtements grotesques, aux couleurs vives, qu’il commence à enfiler. Mathieu remarque que le chauffeur l’observe.

-       Je dois vous sembler un drôle de type, non ? 

Le chauffeur détourne le regard
Mathieu :

-       Un gars qui s’habille en clown dans un taxi …

-       Ça ne doit pas vous arriver souvent, hein ?

Mathieu continue à se déguiser puis se maquille de blanc.

      -       Ca fait cinq ans que je fais ça …
      -     Belle illusion d'être à l'abri des autres
      -       Et pourtant je suis invulnérable comme ça … simplement en me déguisant.

Mathieu rit sarcastiquement. 
        -       N’importe quoi, hein ?!

Il pose un petit chapeau melon sur la tête et enfile un nez de clown.

Mathieu :

-       C’est la seule façon que j’ai trouvé pour me protéger d’elle, vous vous rendez compte !

-       La seule façon de croire qu’elle ne me jettera pas !

-       Et elle a raison, vous savez, de me haïr !

-       Après tout ce que je lui ai fait !

Le chauffeur dépose Mathieu à l’entrée de l’hôpital.

Mathieu regarde dans la direction d’une fenêtre du grand bâtiment, plus éclairée que les autres … Ses yeux coulent

Mathieu (voix off, texte en bandeau):

-       Merde, ça sert à rien tout ça … Tes yeux voient plus loin que les apparences !

-       Tu as le pouvoir de tout faire de moi … m’envahir, me pénétrer, m’anéantir …  A ta guise !

 

Scène 3. Intérieur Nuit. Hôpital.

Mathieu arrive dans le service psychiatrique. Il pousse la porte d’une chambre. Une jeune fille de douze ans, Carine, couchée dans un grand lit, le regarde sans rien dire. 

Mathieu (mielleux, arborant un sourire forcé)

-       Coucou toi … je suis venu aussi vite que possible tu sais …

Carine reste impassible.

Voix-off (la mère de Carine)

-       Allez Carine ! Dis bonjour à « Monsieur Clown » !

Carine :

-       Arrête, Maman !

Mathieu s’approche de Carine et lui prend la main. La mère de Carine, assise dans la pénombre d’un coin de la chambre, l’air terrorisé :

-       Allez !!! Montre-lui ton dessin !

Silencieusement, Carine lui tend une feuille de papier. C’est un dessin qui représente une petite fille assise à l’arrière d’un colosse sur un cheval blanc qui fuit au galop.

Mathieu (à Carine) :

  -          C’est toi la petite fille sur le dessin ?

Carine acquiesce.
Mathieu :

-       Et le géant à côté ?


Carine :

       -      C’est mon Prince ! Il vient souvent me voir ici pour le moment, tu sais. Presque toutes les nuits.-       Il est gentil. Il m’a même donné un cadeau la dernière fois qu’on s’est vu

Mathieu regarde la mère, qui semble complètement désespérée.

Carine :

-       C’est pour ça que je t'ai fait ce dessin !

La mère (hurlant)

-       Et lui alors ?

-       Monsieur Clown ...

-       Tu n’es pas bien avec lui ?

-       Il s’est tellement occupé de toi, tu ne peux pas le laisser tomber, quand même !

-       Tu m’entends Carine !

Gros plan sur le visage de Mathieu, très triste.
Carine (en voix off, s’adressant à Mathieu)

-       C’est pas la même chose, Mr Clown !

-       Je t’aime bien tu sais

-       Mais toi, tu n’es pas mon Prince. 

 

 

 

 

18:55 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/06/2012

Hommage à une étoile

Je ne plus croire à d'autres vies que celle que je traverse maintenant - en tout cas pas sous la forme d'une existence terrestre
C'est un leurre où s'abritent les conséquences de nos renoncement, les destins non aboutis, les amours non consommés, ...
Il y a la vie que nous menons ... le reste rejoint l'infinité des possibles que nos rêves confient à l'Univers.


                                       ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

Aujourd'hui j'ai confié à mon étoile une partie de mes secrets, de mes douleurs aussi. Elle les a emporté avec elle, dans toute sa bienveillance ... je me sens plus léger, et le lien qui nous unit est encore plus fort.
Puisse-t-elle briller encore longtemps

                                       ooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo

21:33 Écrit par Olivier | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Hommage à Céline

Hommage à Céline avec qui j'ai commencé l'école de BD ...

Un dessin cueilli sur son blog, quel chemin depuis Morphea, notre premier projet ...
Merci Céline pour cette belle découverte !

Céline_DECOUVERTE_140_montage.png

 

Si vous voulez découvrir un peu plus d'elle ...:

http://celineforiscetti.blogspot.be/search/label/illustra...

Olivier

21:21 Écrit par Olivier dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/02/2012

Souvenirs ...

... que j'ai longtemps considérés comme douloureux, ceux d'une période difficile de ma vie ...
Qu'il y a trois ans j'ai reconstruits, sous forme d'un roman, imparfait, incomplet, inachevé, comme beaucoup de choses que j'ai créé.
Souvenirs d'une époque que je regarde maintenant plus sereinement, en me posant la question: Comment est-il possible à un moment de sa vie de se détester à ce point ?

Je vous partage un extrait de ce roman.

Manu quitta sa mère, l’estomac bien plein. Ils dînaient très tôt. Sa mère et lui avaient inventé cet artifice pour écourter les journées trop longues. Du coup Manu arrivait toujours le premier au pont.

Il s’asseyait sur la barrière métallique sans charme qui bordait le côté du pont, en attendant les premiers compagnons qui iraient le rejoindre. Le soleil couchant faisait briller la peau grasse et luisante de son visage.

 

Etait-ce donc ça la vie ? L’attente ascétique et permanente de jours meilleurs ? Les plus anciens lui avaient déjà ressassé qu’il fallait qu’il se trouve une demoiselle. A travers leur sermon, ils lui mirent en garde de bien profiter de sa jeunesse. « Tu es en train de  vivre tes plus belles années ! », « Tu verras, tu vas regretter cette période pendant tout le reste de ta vie ! ». Plus belles années … Concept abstrait, irréel, pour un Manu qui faisait de la promptitude du temps qui passe le leitmotiv de son existence.

 

Il jeta un coup d’œil sur la villa du médecin de campagne. C’était une maison cossue, entourée d’un jardin bien entretenu et arboré … Il y avait tellement peu d’arbres dans le village qu’on aurait dit une île verdoyante au milieu d’un océan jaunâtre … Manu fixait la petite fenêtre de la chambre du premier étage. C’était là qu’elle devait faire sa toilette, se dit-il, et ses pensées voguèrent au milieu d’un éther de grands draps blancs et de longs cheveux blonds.

 

-          « Salut ! »

 

Manu atterit. En face de lui, sur une bicyclette bien trop grande, le petit Serge attendait qu’il commente le bricolage de génie qu’il venait de réaliser : des cartes à jouer, fixées à l’aide de pinces à linges sur le cadre du vélo, traversaient les rayons de la roue arrière. Serge attendait vainement que Manu l’interroge sur l’utilité de ce bricolage.

 

Manu regardait autour de lui. Il avait honte d’être en présence du gamin. Ce dernier passait pour un original aux yeux des autres. En fait Serge était aussi un vilain petit canard. Quoi que Manu lui trouvait un visage bien plus avenant que le sien. Mais Serge était très petit pour son âge et tellement particulier. Il avait un air de petit génie déconnecté qui l’isolait des autres. Il était rejeté. Manu aimait bien le gamin, il le trouvait tellement intéressant, mais être avec lui officialisait le fait qu’ils faisaient partie du même clan « des rejetés que personne n’aime ». Et cela, Manu ne le voulait pas !

 

Les rues d’Orvaix étaient encore désertes à cette heure. Manu demanda au Petit, c’est comme cela qu’on le surnommait, ce qu’il avait bricolé. Serge était heureux que Manu lui pose la question, et le peu de dignité que Manu lui avait un instant prodigué le combla de joie.

 

Les cartes dans les rayons produisaient un cliquetis qui s’apparentait, à travers le filtre de l’imagination du Petit, au bruit d’une motocyclette.

 

-          « Tu entends ma moto ? » exhultait-il

 

Le petit pédalait à toute allure, il effectuait des huit autour de Manu avec une agilité peu commune. Derrière lui, son atroce petit chien, le poursuivait en poussant des aboiements stridents.

 

-           « Je suis à fond … mon moteur fait un bruit de tonnerre !!! Tu entends ?»

 

Manu était amusé. Il était pris d’un intérêt qui allait bien au-delà d’une simple compassion …

 

-          « C’est toi qui a trouvé cette idée tout seul ? »

-          « Et c’est toi qui a bricolé ça toi-même ? »

-          « C’est génial … »

Chaque fois que le Petit répondait par l’affirmative, Manu ressentait une sorte de sympathie qui s’apparentait de plus en plus à une tendresse amusée.

 

Les frères Longelet étaient entretemps arrivés, les bras chargés de bouteilles de bière. Leur arrivée brisa net le petit moment de joie de Manu et de Serge. Manu s’était transformé : le petit ne voyait plus qu’un homme distant. Mais qu’avait-il pu bien se passer ?

Serge continuait à rouler en ne lâchant pas Manu du regard … Manu, lui, se sentait pris d’une indifférence qui ne lui seyait pas … Ca lui faisait mal … Mais bon sang, le gamin n’a-t-il pas compris qui’il ne fallait aboslument pas que le Clan des Rejetés apparaisse au grand jour.

 

Claude, le gros, lui dit, désignant le petit cycliste :

 

-          « Ca va ? Il t’emmerde pas trop » …

 

Avec un haussement d’épaules, Manu signifia qu’il n’avait même pas remarqué la présence de l’enfant.

Quand le mensonge naît de la lacheté mêlé à un vague instinct de « comme ça ils me fichent la paix », n’est-il pas plus excusable ?

 

Claude reniflait bruyamment, comme s’il s’était mis à la recherche d’une odeur perdue dans l’air ambiant.

 

-          « Et, Petit, tu ne sens pas ? »

 

Le Petit lui lança, amusé :

-          « Non ! Qu’est-ce qu’il y a ? »

 

Claude reniflait de plus belle.

 

-          « Vraiment pas ? »

-          « Ben non … »

 

Manu était particulièrement agacé. Il portait la honte à la place des autres. La honte du rapport de force déséquilibré entre un adolescent et un enfant. On devrait leur interdire de vivre ensemble … C’est la seule façon de protéger les gosses ! La seule façon de les empêcher de devenir aussi cons que nous.

 

Claude renchérit, dans le sentiment d’auto-satisfaction qui précède la bonne blague qui va vous mettre en valeur devant vos semblables :

-          « Tu ne sens vraiment pas qu’tu gênes ? »

 

Et les rires, y comrpis ceux de Manu, firent écho à cette blague.

 

-          « Ah, bon ? », dit le Petit qui visiblement n’avait pas capté l’humour subtil de Claude.

 

Il s’était remis à faire des cercles pour qu’on entende le bruit de sa moto. Vivian continuait à rire seul de la blague de son frère. Il n’arrêtait pas de répéter : « tu ne sens pas que tu gênes », en cherchant l’écho de son hilarité chez Manu.  Vivian se lança ensuite à la poursuite du Petit qui s’était mis à accélérer comme une flèche. Le bruit du vélo ressemblait maintenant à celui émis par un gros moustique. En quelques enjambées, Vivian parvint à immobiliser le vélo, sous les aboiements de Pilou, arracha le mécanisme que Serge avait construit pendant des heures et le jeta dans le ruisseau. Le Petit se mit à pleurer, puis rentra chez lui en hurlant un « je vais le dire à ma maman » … auquel Manu entendit répondre « Amènes-la donc ta mère, on va lui faire passer du bon temps … »

 

Le rire accompagne automatiquement une plaisanterie d’un goût douteux, surtout quand elle conforte le mâle dans sa testostérone. Manu, lui, se sentait triste et choqué.

Il aimait bien le Petit … Et il savait que sa mère, atteinte d’une maladie rare, élevait tant bien que mal son petit garçon … Là aussi le père avait quitté le foyer familial. Le jour où il avait appris la maladie de sa femme.

C’était peut être cela le signe de ralliement du Clan des Rejetés. Un héritage familial constitué d’une mère qui porte toutes les douleurs du monde, et d’un lâche père.

Chaque éclat de rire faisait résonner sa colère enfouie au fond de ses tripes. Mais l’exprimer en ce moment-même aurait eu des conséquences que Manu aurait été incapable de gérer par la suite.

 

20:03 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent |  Facebook |

12/02/2012

Un rêve dans les étoiles

J'ai envie de partager un texte que j'ai découvert récemment ...

Ecrit par une poétesse qui s'ignore et à qui je rends hommage.

"Quand on se voit, on profite des yeux brillants, on partage ce qu'on aime au compte-goutte,
on est là en partage dans l'Univers, on est au milieu de tous les possibles, ...
Mais tout cela est intangible, invisible, sans autres traces qu'intérieures"

20:37 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent |  Facebook |

05/01/2012

Roulette Russe ... Les dés sont lancés

Ca y est ! Notre dossier d'édition pour "Roulette Russe" est prêt Sourire

Un road-movie dans une cage d'ascenseur. Un savant et un rocker à la recherche de l'accomplissement de leur vie, poursuivis par une meute de rats ... Bizarre ! Surtout que le chef des rats veut se venger du savant qui lui a fait subir des tortures inommables. Ce savant qui a découvert un médicament miracle qui pourrait sauver la vie du rocker ! Et personne ne sait rien. Et à force de ne pas communiquer, personne n'en saura jamais rien !

Un petit échantillon, quand même, en primeur !

La planche 4: l_Roulette Russe p3.jpg

Et la Une du journal "Les Echos", 2 jours après la fin du récit: RR journal3x.pdf

Oli & Enrico

 

 

20:44 Écrit par Olivier dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/04/2011

Une nouvelle collaboration

Après quelques mois au frigo, et grâce à une rencontre pas si fortuite que ça (merci Bertouille !), une nouvelle collaboration qui démarre Sourire

Plein d'énergie et de motivation à nouveau dans l'écriture, grâce aux illustrations d'Enrico Sallustio http://www.orangutanz.com/   pour le projet Roulette Russe, une drôle d'histoires de destins croisés d'un rocker sur le déclin, du probable futur prix Nobel de la médecine et d'un rat de laboratoire, dans le huis clos d'une cage d'ascenseur ...

Enrico a déjà lancé des recherches sur les persos ... en voici un échantillon ...

Le Rat 2.JPGPiotr2.JPGRonny2.JPG

 

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02/05/2010

News de Petit Crapaud Rouge !

Lionel et moi seront présents au festival B.Délire 2010 à Villiers-le-Bel (Nord de Paris), le dimanche 30 mai pour une séance de dédicaces Sourire

En attendant, un chouette article de la petite chronique d'Anne Clévenot, parue dans le magazine Feuille de Menthe n°23 (mai juin 2010) qui nous fait bien plaisir.

PCR_FdM2

11:54 Écrit par Olivier dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

07/09/2009

Un projet abouti ...

... et un pas important vers quelque chose de nouveau !

C'est Lionel Larcheveque qui m'a donné l'opportunité d'entrer dans l'univers de Petit Crapaud Rouge et de participer avec lui à la réalisation du tome II "Je veux le même".

p18


Le thème de notre histoire est l'effet de la publicité et de la mode chez les plus jeunes ...

L'album, publié chez Asteure, sera disponible d'ici quelques semaines.

Olivier

22/07/2009

... c'est qu'elle a bon goût la mort, vous voulez essayer ?

Dans un ascenseur en panne se joue la rencontre improbable entre un scientifique qui a fait une découverte révolutionnaire, une vedette du rock sur le déclin atteinte d’un cancer et un rat de laboratoire difforme. Chacun va y découvrir que leur destin est beaucoup plus lié que ne le montrent les apparences.

C'est le pitch de mon dernier projet de scénar "Roulette Russe" pour lequel je cherche un dessinateur ... Avis aux amateurs Clin d'oeil

Premier petit extrait :

Evocation. Le matin. Zoning industriel. Labo d’expérimentation animale d’une entreprise pharmaceutique.

En arrivant au boulot, Piotr est accueilli par des manifestants d’une ONG qui militent contre la vivisection. Des policiers lui fraient un passage jusqu’à l’entrée du labo. Sur le chemin il se fait agresser par une militante, Gaëlle, qui l’insulte violemment et lui crache sur le front.

Piotr entre ensuite dans son labo, le crachat de Gaëlle toujours présent sur son front. Dans le labo, on découvre des bancs d’expérimentation avec de nombreuses cages à rats. Les rats sont déformés par les expérimentations médicales. Au fond de la rangée, dans une cage, le Rat pousse des hurlements de douleur.

Un assistant :-          « Il a hurlé comme ça toute la nuit...  Les tests ne sont pas concluants, je vais l’euthanasier »

Piotr : -          « Laissez, je m’en occupe »

Piotr prend le Rat par la queue et se dirige vers un débarras. Piotr lève le Rat au niveau de son visage et essuie le crachat sur son front.

Les deux personnages se regardent pleins de haine. Le Rat se débat de douleur et de peur. Piotr frappe le Rat violemment contre le bord de la table, ouvre l’accès aux égouts et y jette l’animal.

 Le second extrait :

"Ronny et Piotr se tiennent debout l’un face à l’autre. Ronny a allumé une cigarette roulée à la main qu’il fume silencieusement.

Piotr se met à tousser. 

Piotr à voix haute, sans oser s’adresser directement à Ronny:

-          « Quelle odeur … Mais quelle odeur ! C’est pénible ! »

(...) 

Provocateur, Ronny recrache une bouffée de fumée.

Piotr :-          « Ce n’est pas possible, c’est l’enfer ici … »

-          « En plus de se faire insulter, on est obligé de respirer la mort  …»

 Ronny :-          « La mort ?  Rien que ça ? Ha ! Ha ! Ha !

Ronny, avalant à pleins poumons une bouffée de fumée :

-          Alors c’est qu’elle a bon goût la mort»

-          « Vous voulez essayer ? »"

Olivier

21:26 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/06/2009

Demain, quand j'avais vingt ans !

En cette période de ma vie – la quarantaine déjà faite -, je suis encore à la recherche des maux qui  tentent de me pourrir l’existence …

 

Cette recherche est pénible car constamment inaboutie!

 

Je crois que je dois me rendre à l’évidence. Je ne suis pas à la bonne époque ! Sans doute mes maux sont-ils enfouis trop profondément, à l’intérieur d’une plaie trop bien cicatrisée … mais purulente en dedans.

 

Ma décision est prise, demain j’avais vingt ans …

___________________________________________________________________

 

Mon réveil est agréable. Bien reposé, pas de douleur dans la nuque, la tête bien faite mais pas trop pleine, le souffle long et du temps devant moi ! La légèreté de n’être responsable que de soi-même ! L’apesanteur des décisions à  prendre !

 

Déjà midi. Je me promène dans les rues d’une cité estudiantine qui me rappelle ma nostalgie d’hier. Quel plaisir ! Les regards croisés des jeunes filles souriantes, que j’ose affronter sans me sentir un démon. Un bain gigantesque de désinvolture …

 

C’est en regardant le ciel d’un bleu uni, poussé dans le dos par une brise fraîche, que je la ressens plus présente que jamais. Celle qui petit à petit m’avait abandonné, celle au nom de laquelle je n’avais commis aucun crime, si ce n’est celui de la désirer chaque jour un peu plus ardemment. La liberté !

 

Et voilà que je m’envole, sans m’essouffler, dans ma préhistoire de remords et de regrets. Je me sens lyrique au milieu des nuages …

 

Le soir est déjà là. Quelle journée extraordinaire ! Je ne vois pas – je ne conçois pas – comment je pourrais trouver mes maux dans cet océan de bien-être (bien-être sûrement, bonheur, je n’en suis pas vraiment persuadé !)

 

Probablement que le conseil, porté par la nuit étoilée, viendrait à point dans ma recherche. Couché dos au sol, dans mon grand jardin arboré, je contemple le ciel. Le sommeil ne vient pas. J’avais oublié à quoi ressemblait un ciel d’étoiles, moi qui hier encore vivais en pleine ville, noyé dans une pollution lumineuse quoi que nocturne.

 

Finalement, le sommeil n’est pas venu. Je décide de me lever. Etrangement, je ressens un iota en moins d’énergie, une once perdue d’enthousiasme, un petit poids en plus au bout de mes pieds. Je m’envole moins haut aujourd’hui. Le vent n’est pas moins fort, pourtant.

 

Et les jours ont passé. J’ai cessé de voler. Je suis redevenu terrestre.

 

Je n’ai toujours pas trouvé mes maux. Par contre j’ai une nouvelle compagne, Miss Solitude. Et je ne sais que faire d’elle.

 

Je soupçonne/je pense/je suis sûr que Miss Solitude est un de mes maux !

 

D’ailleurs, après quatre jours de vie commune, Miss Solitude et moi avons décidé de nous séparer. En bons termes. Elle gardera la petite, liberté, et moi je serai quitte d’une pension alimentaire ruineuse. Nous ne sommes vraiment pas faits pour vivre ensemble. J’ai aussi promis de quitter les lieux dès demain. Sans regrets d’ailleurs. Ce n’est pas ici que je trouverai mes maux. Ils sont plus loin, ils sont plus tard.

 

Demain, j’irai plutôt me perdre du côté de mes soixante ans.

 

(A suivre)

09:14 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/05/2009

La Morte Amoureuse

La Morte Amoureuse ... Un projet en cours avec le très attachant Mikhaël Allouche.

Une adaptation de la nouvelle éponyme de Théophile Gautier. Nous avons tous les deux succombé à ce brûlot d'un autre siècle, qui porte la thématique du "La vie, sans la passion et les excès qui y sont liés, vaut-elle la peine d'être vécue ?"

 Ici, j'ai posté la troisième planche de notre projet ...

p3mikhael

 

11:49 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/04/2009

A mon fils ...

Dans le désert …

 

Un homme et un jeune garçon sont assis sur un rocher … Il fait nuit.

 

Ils regardent le ciel tranquillement pendant de longues minutes.

L’homme rompt soudain le silence :

-         « Vois-tu, mon garçon, la vie est comme ce ciel que nous contemplons »

 

Le garçon se retourne vers l’homme silencieusement, puis observe le ciel de nouveau.

 

L’homme poursuit :

-         « Comme lui, la vie est sombre, noire et monotone … Comme lui elle semble nous échapper … Comme lui, elle semble immuable … »

Le garçon :

-         « Ta vision de notre existence me semble bien pessimiste … »

L’homme :

-         « Pessimiste ? Je ne pense pas … Reconsidérons les choses. Dis-moi … Par quoi ton regard es-il le plus attiré ? »

L’homme reprend après un court silence :

-         « Par quoi ton regard est-il le plus attiré ? Par les étoiles ou par les ténèbres qui les entourent ? »

Le garçon :

-         « Par les étoiles bien sûr … »

ciel

L’homme :

-         « Bien sûr … Sais-tu que chacune d’elle est un fragment de bonheur ? Elle est un air de musique que tu fredonnes le matin, la chaleur d’un rayon de soleil sur ta peau, le sourire d’un ami, le regard d’une fille que tu aimes tendrement, la main de ton enfant que tu serres tant tu as envie de le protéger … »

L’homme poursuit :

-         « Elles sont toutes aussi précieuses l’une que l’autre et ensemble elles tapissent le ciel de ta vie »

Le garçon regarde l’étoile du Berger. Il est interloqué :

-         « Pourtant certaines brillent bien plus que d’autres ? »

L’homme :

-         « C’est exact ! Certaines prennent plus de place. Ces étoiles rencontreront ton regard chaque fois que tu contempleras le ciel, elles seront toujours là jusqu’à la fin des temps »

Le garçon :

-         « Qu’ont-elles de si particulier ? »

L’homme :

-         « Ces étoiles sont les gens que tu affectionnes particulièrement. Elles sont là pour te faire aimer le ciel »

 

Le garçon s’est retourné vers l’homme. Il voit son propre reflet dans les yeux de son compagnon. Lentement son image s’est muée en une étoile, dans le noir profond des yeux de l’homme.

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17/04/2009

Mélancolie

La mélancolie, c'est se résigner à voir tourner une page de la vie ... irréversiblement.

Regrets ...

C'est se dire qu'il n'y aura jamais nul moyen de pouvoir l'ouvrir à nouveau. Elle ne sera plus qu'un souvenir, de plus en plus vague, de plus en plus idéal sans doute. Mais le ressenti ne se mémorise pas. On peut savoir qu'on a été heureux mais le souvenir du bonheur n'est pas le bonheur. Seule domine la tristesse profonde de savoir que la page est définitivement tournée ...

Regrets ...

Olivier

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10/04/2009

Kheran me parle

Ce qu'Olivier ignore complètement, c'est que moi, Kheran, j'appartiens au futur.

Chaque fois qu'il tente de se rapprocher de moi, je m'éloigne exactement de la distance qu'il a parcourue pour tenter de me rejoindre. Nous sommes comme les 2 mêmes poles de deux aimants qui tentent de se toucher. Une force invisible nous sépare.

Je comprends sa frustration ... Moi-même je ne pense pas que je le supporterais.

 Bossard

Mais je ne veux pas qu'il m'atteigne.

Je suis ce qu'on appelle un IDEAL.

Kheran

PS : Le dessin ici est de Lionel Larchevêque alias Llar comme dans tranche de ...Rigolant
C'est la première fois qu'un dessinateur illustrait une planche que j'avais écrite. C'était un exercice à l'atelierBD (école de formation à la BD à distance).
Découvrez cet excellent illustrateur sur http://lionellarcheveque.blogspot.com/


 

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04/04/2009

Sublimation d'un idéal féminin

Un jour une conteuse m'a fait goûter une graine d'imagination ...

En voici le résultat :

"Ma détresse fut interrompue par une voix cristalline qui s’adressait à moi, toute en pureté.

Je reconnus ma musicienne. Les mots qu’elles m’adressaient s’étaient enrobés dans un chant continu et merveilleux. Chaque syllabe était une note qui se détachait de sa portée et venait se poser délicieusement sur mes tympans.

Son chant m’invitait à la suivre, inconditionnellement. Peut-être allait-elle m’aider à retrouver Monsieur Wolf. Peut-être pas, d’ailleurs … cela me sembla subitement tellement anodin !
Nous marchions, légers, dans un ciel qui s’était fait consistant. L’impression que je ressentais était sublime. Nos pieds foulaient une matière à la fois de coton, de sable et de neige.

Ainsi, nous nous élevâmes lentement.

(...) 

Clarimonde1

Après un moment que j’aurais voulu immortel, ma guide s’arrêta. Elle me tint par les mains et posa ses lèvres sur les miennes. Je la serrai fortement dans les bras. Chacun de ses cheveux frôlait une infime partie de mon visage. Ensemble, ils étaient une caresse sublime. Je fermai les yeux dans le fol espoir de figer cette seconde de sensualité.

 

Quand, après une éternité, je les ouvris de nouveau, nous nous trouvions au milieu d’une grande clairière. La jeune femme cueillait des fleurs des champs: pivoines, marguerites et pissenlits. Elle me tendit les fleurs et ensemble, dans une félicité commune, nous soufflâmes sur le bouquet. Les graines du pissenlit formèrent un brouillard si dense que lentement la fille s’effaça de mon regard.
Quand le brouillard fut dissipé, le jeune garçon aux cheveux flamboyants apparut sous mes yeux.

 Clarimonde 2

Je m’adressai à l’enfant :

-          « Ou est-elle ? »

Il me répondit :

-          « Qui ça ? »

J’étais à la fois abasourdi et très irrité. Comment pouvait-il faire abstraction de la jeune musicienne qui m’avait accompagné jusqu’ici ? Le doute m’envahissait.

- « Tu es à Oniris ici, et la jeune fille à qui tu fais allusion est comme tout le reste » me dit le garçon, d’un air narquois.

- « Tu veux dire qu’elle n’existe pas ? » , répondis-je.

L’enfant se mit à rire. Il riait tellement qu’il était devenu une ronde d’enfants qui se moquaient de moi à l’unisson. Des dizaines de visages semblables qui m’envoyaient leurs éclats de rire contondants. La douleur était insupportable.

Je hurlai :

- « Assez ! »

L’enfant était de nouveau seul. Il reprit :

- « Tout ce qui est Oniris existe et est partie intégrante de toi-même. Rappelles-toi : le seul point commun d’Oniris est celui qui perçoit le monde ».

- « La musicienne que tu as vue n’est que la sublimation de ton idéal féminin » poursuivit-il "

Extrait de "La route du Conte" - Olivier Geets - 2008

Les illustrations ont été faites par Mikhael Allouche dans le cadre d'une collaboration (adaptation de La Morte Amoureuse de Théophile Gautier)

 

12:12 Écrit par Olivier dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

31/03/2009

Le compte à rebours a commencé

Hier j'écoutais Albert Jacquart à la radio ...

Il présentait son livre Le compte à rebours a commencé. L'entretien était passionnant. J'ai retenu un message important : c'est que malgré tous les dégâts qu'elle a causé, l'humanité mérite d'être sauvée.

Angoissant Embarassé

1000 espèces disparaissent de la terre chaque année ... 1000 fois plus qu'il y a 1000 ans ... L'emballement d'une extinction massive des espèces a peut être déjà démarré ...

Qu'y puis-je ?

Je sais que Kheran s'est posé la même question ...

terre

Il en est devenu fou ... Je vous le raconterai sûrement à l'occasion.
Il courrait lui aussi après de vaines chimères ...
Il a pourtant été l'homme le plus puissant de la planète. Il aurait pu la sauver.

Et malgré cela il a échoué.

Qu'y puis-je ? ... Même si c'est moi qui l'ai tué ...

Olivier

 

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29/03/2009

Kheran me poursuit de nouveau

Kheran ? Sans doute aussi anonyme que les 6 autres milliards de noms répertoriés aujourd'hui.

Et pourtant ...

Que sait-on de lui ? Si ce n'est qu'il a été conçu il y a un peu plus de 41 ans. Mais sa gestation a duré bien plus que les 9 mois conventionnels propres à notre espèce.
Je pense que Kheran a réellement vu le jour il y a 20 ans.

Mais qui est-il ?

Kheran existe-t-il ? C'est un prérequis à la question précédente. Je ne pense pas qu'il ait la conscience de son existence. Kheran ne m'est apparu que sous forme de musique, de pensée, de chanson, d'histoire, de textes, de poèmes, d'amour, d'angoisse, de questionnements constants, de haine, de colère, ...

Je le fuis sans savoir pourquoi j'ai peur de lui.

Voici le portrait que Céline a pris de lui,il y a 4 ans déjà :

 Kheran2

 

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